Le portefeuille de crédits est à la fois le principal actif d'une institution de microfinance et son principal risque. La question comptable n'est pas de savoir si des crédits seront perdus, mais de reconnaître cette perte au moment où elle devient probable.
L'ancienneté de l'impayé est le premier signal
Un crédit dont une échéance est en retard n'est pas encore une perte, mais il n'est plus un crédit sain. Le classement par ancienneté de retard — quelques jours, quelques semaines, plusieurs mois — est la base de toute politique de dépréciation. Les seuils et les taux applicables relèvent de la réglementation de votre juridiction et de vos statuts : ils ne s'inventent pas et ne se recopient pas d'une institution à l'autre.
Le retard se compte par crédit, pas par membre
Un membre peut être à jour sur un crédit et en retard sur un autre. Agréger au niveau du membre masque le risque ; le suivre par contrat le rend visible. Cette granularité conditionne aussi la qualité du provisionnement.
Le rééchelonnement n'efface pas l'historique
Un crédit rééchelonné n'est pas un crédit neuf.
Traiter un rééchelonnement comme un nouveau contrat remet le compteur d'ancienneté à zéro et fait disparaître le risque des tableaux de bord. Le suivi doit conserver la trace du crédit d'origine, sous peine de produire une qualité de portefeuille flatteuse et fausse.
L'épargne des membres n'est pas une ressource comme une autre
Les dépôts collectés sont une dette envers les membres, exigible selon les conditions du produit d'épargne. Leur suivi individuel, réconcilié avec la comptabilité générale à chaque arrêté, est le contrôle qui protège autant l'institution que ses membres.
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