L'activité agricole met à l'épreuve une hypothèse implicite de la comptabilité générale : que la production et la vente sont proches dans le temps. Entre la mise en culture et la récolte, une exploitation consomme des charges sans produire de recette — et elle n'est pourtant pas en train de perdre de l'argent.
La production stockée rétablit la lecture
Les charges d'une campagne engagée mais non récoltée ne disparaissent pas : elles constituent une production en cours, portée à l'actif. Sans cette écriture, le résultat d'un exercice qui se termine au milieu d'un cycle est faux dans les deux sens : déficitaire l'année de la mise en culture, artificiellement bénéficiaire l'année de la vente.
Un stock vivant se comporte autrement
Un troupeau n'est pas un stock de marchandises. Il croît, se reproduit, meurt. Trois distinctions structurent le suivi :
- les animaux destinés à la vente relèvent du stock ;
- les animaux de production, gardés pour ce qu'ils rapportent, relèvent de
l'immobilisation et s'amortissent ;
- les naissances et les pertes sont des mouvements comptables, pas de
simples corrections d'inventaire.
L'inventaire est une opération technique
Compter des sacs dans un magasin est une chose ; estimer un stock sur pied ou en fosse en est une autre. La méthode d'évaluation retenue doit être écrite et appliquée de la même façon d'un exercice à l'autre : c'est le principe de permanence des méthodes, et c'est ce qui rend deux exercices comparables.
La saisonnalité se pilote sur la trésorerie
Une exploitation rentable peut mourir d'un décalage de trésorerie entre deux campagnes.
Le compte de résultat annuel ne dit rien de ce risque. Le suivi mensuel des encaissements et décaissements, campagne par campagne, le rend visible avant qu'il ne se réalise.
Dans la même rubrique
Recevoir la lettre EkoRubix
Un envoi mensuel : évolutions du SYSCOHADA révisé, échéances fiscales par pays et nouveautés de la plateforme.
Désabonnement en un clic depuis chaque envoi. Aucune adresse n'est cédée à un tiers.